Je suis …

Je suis …

Goutte de pluie, goutte de larme sur ta joue.
Je suis le vent qui souffle et sèche tes malheurs,
Qui entraine dans une gigue de bonheur
Ton sourire loin de ce long regard jaloux.

Goutte de pluie, goutte de larme sur ton cœur.
Je suis la brise qui caresse tes cheveux
Et se glisse langoureusement jusqu’au creux
De tes reins nus offerts à sa douce chaleur.

Goutte de pluie, goutte de larme sur ta bouche.
Je suis la saute de vent vive et soudaine
Qui soulève le voile d’un désir farouche

Qu’un soupir apaisé réveille de ses chaînes.
Goutte de pluie, goutte de larme sur ta vie,
Goutte qu’un souffle d’amour emporte avec lui.

Bruno-Michel ABATI – 1er juillet 2013

Nuit d’amour

NUIT D’AMOUR

Bruno-Michel ABATI

 

 

Le vent entonne sa mélopée nocturne,

Au son des feuilles des arbres majestueux.

Dans ce théâtre sans toit ni mur, ils sont deux

Que Dame la Vie vient d’élire sans les urnes.

 

Un grillon rejoint cet orchestre improvisé

Et comme un soliste exprimant une tranquille

Emotion, il égraine les notes fragiles

De cette partition qu’offre un beau ciel étoilé.

 

Nos deux amants entament alors comme envoutés

Une chorégraphie toute en sensualité.

Leurs bras, leurs jambes s’entrelacent comme des ronces

 

Inextricables, et leurs râles, comme une réponse

Au concerto, vibreront jusqu’au petit jour,

Marquant à jamais leur toute première nuit d’amour.

 

14 avril 2013

Nuit blanche

NUIT BLANCHE

Bruno-Michel ABATI

 

 

Errant sans but dans un monde nuance de gris,

J’ai vu passer une nuit blanche. Elle absorbait,

Tel un trou noir, les scories de toutes les plaies

Que rejette le grand fleuve Monotonie.

 

Toutes les couleurs étaient là, vives et rebelles,

Et même si mon œil malade ne pouvait

Les distinguer, je les sentais qui se mouvaient

En une danse expiatoire et rituelle,

 

Au silence d’une musique, qu’assurément

Elles seules devaient percevoir. Un sentiment

Confus s’est joint à moi pour regarder partir,

 

Bien malgré moi, cette nuit blanche de souvenir.

Je l’ai suivie jusqu’à temps qu’elle ne disparaisse

Me laissant seul sur le rivage de mes promesses.

 

16 Avril 2013

Nuit d’encre

Bruno-Michel Abati

Dans une nuit d’encre j’ai trempé ma plume
Pour qu’elle puisse tracer sur les pages grisées
De mon doux sommeil, le souvenir étoilé
D’un visage sorti d’une opaque brume.

Elle a tout d’abord puisé dans le noir intense,
L’énergie des rêves pour que de son trait naissent
Les contours lisses et fins d’une belle allégresse,
Dans laquelle j’ai plongé jusqu’au bord de la transe.

Puis jouant de l’ivresse et de l’obscurité,
Elle a fait apparaître des flashes de lumières
Vives sur de pâles lueurs de pureté.

Animant ainsi ce visage calme et fier,
Le travail achevé, elle est enfin partie,
Laissant un souvenir qui s’ancre dans la nuit.

11 avril 2013